Séminaires

Séminaires recherche du LCF : paysages

Nous avons le plaisir de vous inviter à participer à deux séminaires dont les thématiques sont reliées et complémentaires, sous l’égide du Lcf, animés par les professeurs Igor BABOU le mardi 19 avril de 14h à 17h en salle 54 et Carpanin MARIMOUTOU le mardi 26 avril de 14h à 17h en salle 42. Chaque séminaire commencera par un exposé, qui sera suivi d’un débat.

Vous trouverez les descriptifs ci-dessous. Nous espérons pouvoir compter sur votre présence.

Bien cordialement

 

 

Séminaire animé par Igor BABOU.

Mardi 19 avril de 14h à 17h en salle 54.

 

« Paysages d’interactions à La Réunion. L’épreuve scientifique de la beauté d’un site du patrimoine mondial »

Comment démontrer scientifiquement la beauté et le caractère exceptionnel d’un paysage ? C’est à cette énigme que des scientifiques ont dû se confronter lorsqu’ils ont rédigé le dossier de candidature de l’île de La Réunion pour son inscription au patrimoine mondial de l’Unesco. Cette démonstration scientifique de la beauté d’un paysage a dû cheminer entre contradictions, malentendus et collaborations, et traverser des cadres culturels et institutionnels en confrontation, jusqu’à ce que finalement un milieu naturel puisse être qualifié de beau, et doté d’une valeur universelle exceptionnelle. Dans l’analyse de ce parcours, il s’agira de dépasser les constructivismes sociologiques et esthétiques de manière à intégrer la matérialité à l’œuvre dans la dynamique sociale et discursive de production paysagère, ainsi que l’action des habitants et des institutions. Le paysage ne sera alors plus seulement cette « portion de pays offerte à la vue » que consacrent les définitions des dictionnaires, ni un simple espace de projection des représentations humaines. Il deviendra un paysage d’actions et interactions.

 

Séminaire animé par Carpanin MARIMOUTOU.

Mardi 26 avril de 14h à 17h en salle 42.

« Les énigmes du paysage créole dans la littérature coloniale et post-coloniale »

Les textes de ou sur  l’île créole — en l’occurrence, La Réunion — montrent, signalent ou laissent apparaître un monde de violence et de terreur. La description ou la narrativisation du paysage jouent un rôle dans ce dispositif de voilement/dévoilement qui transforment l’île en espace profondément énigmatique.  Les reformulations du paysage apparaissent le plus souvent comme une tentative d’apaiser ou de pacifier le rapport au monde de celui qui regarde l’espace où il s’efforce de vivre. Écrire le paysage permet, d’une certaine façon, de permettre à l’écrivain comme à son lecteur d’adhérer au monde. Mais ce que la littérature montre en réalité, c’est  l’extrême complexité des processus de créolisation culturelle et politique dans l’histoire, avec leurs conflits, leurs négociations, leurs vivants et leurs morts, leurs habitants et leurs spectres, le va-et-vient continu entre les contemporains et les ancêtres (quels qu’ils soient), la complexité des temps qui s’affrontent, se rencontrent, se mêlent. Et tout cela s’inscrit dans le paysage, comme il inscrit le paysage. Dès lors, l’énigme ne peut être jamais que perpétuellement relancée selon le moment, le point de vue, la position occupée dans l’ordre de la domination ou dans les rapports de production. Le paysage insulaire créole réunionnais est énigmatique précisément parce qu’il est créole, c’est-à-dire qu’il défait toute volonté de figer le sens d’une histoire et d’une géographie, d’un passé comme d’un avenir. À partir d’un corpus constitué de romans, poèmes et récits de voyages ou d’explorations, on s’efforcera de montrer comment à travers le paysage c’est l’énigme même des processus de créolisation qui essaie d’être pensée.