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Séminaire recherche : « Les médiations du rapport à la nature. Une ethnographie d’un parc classé au Patrimoine mondial de l’Unesco en Patagonie argentine » (Igor Babou, 13.02.12, 16h00)

Dans le cadre du séminaire de recherche en sciences de l’information et de la communication du LCF, Igor Babou (Université de La Réunion) présentera son travail lors de la deuxième séance du séminaire qui aura lieu au LCF (salle du DEA, niveau -1) le lundi 13 février à 16h00. La séance est ouverte à tous et toutes dans la limite des places disponibles. Le programme des séances sera bientôt mis en ligne ici-même.

Présentation :

Les processus de patrimonialisation des espaces naturels font apparaître une grande diversité de médiations sociales et discursives : multiplicité des acteurs impliqués (scientifiques, habitants, politiciens, ONG, UNESCO, associations sportives, etc.), empilements de strates juridiques, stratégies politiques et enjeux économiques, relations Nord-Sud, articulations entre échelles locales, nationales et internationales, interventions d’ONG, internationalisation et autonomisation de modèles professionnalisés du débat public participatif, etc. Ce contexte permet de comprendre comment se construisent les relations entre l’homme et la nature quand on les observe à partir d’une ethnographie de terrain attentive aux représentations et pratiques des acteurs.

On constate alors que la « modernité » n’est pas si « moderne » qu’on la croyait, et qu’elle réserve bien des surprises : partages d’intériorités imprévus entre l’homme et l’animal, densité des médiations qui relient nature et culture loin des habituels postulats de leur séparation.

Trois dimensions d’analyse seront présentées : les déplacements, les représentations et les dispositifs. Elles s’appuient sur un suivi des pratiques et discours de biologistes de la conservation, du travail de professionnels de l’éco-tourisme, ainsi que sur une observation du débat public à propos de patrimonialisation. Cette articulation entre sciences, travail et débat public, induite par le terrain, fonde une proposition théorique permettant d’analyser les dynamiques du changement social sans pour autant sacrifier les effets de structure. Je montrerai également l’enjeu d’intégrer des dimensions naturalistes à la description sociologique.

Ce travail n’a pas été réalisé, intentionnellement, suivant les canons contemporains de la planification bureaucratique de la recherche : il a été mené lors d’un congé sans solde et sans contrat de recherche. L’enjeu réflexif, inséparable du contenu de cette recherche, était celui d’une critique politique des conceptions qui s’appliquent aujourd’hui à la recherche dans les disciplines anthropo-sociales.