LEBON-EYQUEM Mylène

COORDONNÉES PROFESSIONNELLES
Université de La Réunion
15, avenue René Cassin – BP7151
97715 Saint-Denis Messag.

Tél : 02 62 93 85 72
Fax : 02 62 93 85 73
Courriel : myleneeyquem[AT]yahoo[POINT]fr

Je suis maître de conférences en Sciences du langage à l’Université de La Réunion depuis 2008 et également membre du laboratoire de recherche « Langues, textes et communication dans les espaces Créolophones et Francophones » (L.C.F.).

Mon parcours

J’ai débuté ma carrière d’enseignante, il y a 25 ans à l’école primaire à La Réunion, puis j’ai enseigné dans des établissements du secondaire (collège, lycée général et professionnel) avant d’être formatrice à l’IUFM de La Réunion durant près de 15 années. Dans cet établissement supérieur, j’ai préparé les étudiants aux concours de Professeurs des Écoles (PE), de Professeurs de Lycée Professionnel (PLP) et de certifiés de lettres modernes et de Langues et Cultures Régionales (CAPES). J’y ai également assuré des cours en formation initiale (auprès d’enseignants stagiaires) et continue (auprès de professeurs titulaires en poste) avec pour objectif principal, la construction de compétences professionnelles permettant l’appropriation et l’articulation de savoirs théoriques et de savoirs pratiques, en particulier dans les situations de contacts de langues. Enfin, j’ai participé à la préparation du CAPA-SH (Certificat d’Aptitudes Professionnelles pour l’Adaptation et la Scolarisation des élèves en situation de Handicap) et dispensé des cours visant la prise en compte par les enseignants, de la déficience des élèves dans le contexte réunionnais.

Après mon DEA présenté en 2004, je soutiens, en 2007, ma thèse de doctorat centrée sur les usages d’enfants réunionnais. Il s’agissait de déterminer comment des jeunes enfants et adolescents réunionnais apprennent à parler le créole et le français séparément et conjointement et plus précisément de mettre en évidence rôle de l’environnement familial d’une part, et du quartier d’autre part et enfin de l’école. Qualifiée par le CNU en Sciences du langage (7ème section) et en Langues et Cultures Régionales (73ème section) en 2008, j’obtiens le poste de maître de conférences en Sciences du Langage à l’Université de La Réunion où se sont déroulées toutes mes études supérieures.

 

Mes activités professionnelles

J’approfondis actuellement mes recherches concernant le développement langagier et la description des variétés linguistiques dans les espaces francophones et créolophones. Je m’intéresse également à la sociolinguistique urbaine. Enfin, je conçois des guides pédagogiques visant les formateurs d’enseignants ou les enseignants de cycle 2 (CP et CE1) et de cycle 3 (CE2, CM1 et CM2) qui souhaiteraient mettre en place un enseignement du français selon les stratégies de convergence de L1 et L2, définies dans la didactique adaptée du français aux situations de créolophonie.

Je dispense des cours en licence de lettres modernes, en licence FLE, en licence de Langue et culture régionale, ainsi qu’en master recherche de Sciences du langage et en master enseignement (lettres et créole). J’assure également des enseignements dans la licence de français aux Seychelles. Enfin, je poursuis les formations professionnelles (initiales et continue) auprès des enseignants de premier et second degré.

 J’assure des fonctions administratives et pédagogiques en tant que responsable du master recherche (mention « langues cultures et communication », parcours Sciences du langage : l’océan indien en ses langues), de chargée de mission des relations internationales à Faculté de Lettres et des Sciences humaines et de responsable du projet la licence de français de l’Université de La Réunion, délocalisée aux Seychelles.

 

Mes recherches se centrent sur le développement langagier, en particulier sur les facteurs qui favorisent l’acquisition et l’apprentissage langagier en milieu multilingue ainsi que sur les étapes du développement de l’enfant dans le contexte réunionnais. Je poursuis également mes travaux concernant la description des pratiques et usages de locuteurs réunionnais dans la perspective dynamique du contact. Il s’agit d’appréhender la forme spécifique du plurilinguisme réunionnais, donc étudier le contact, voire le conflit entre deux sphères linguistiques de plus en plus en situation de concurrence.  Je travaille en partenariat avec des chercheurs de la zone océan indien (Maurice, Rodrigues, Seychelles, Madagascar) afin de conduire des analyses comparatives dans ces différents espaces. M’intéressant également à la sociolinguistique urbaine et plus particulièrement à la construction du processus identitaire urbain, je centre mes observations sur la mise en mots des pratiques langagières et leur association à un espace.

Les points forts de mes travaux sont les suivants :

  • bilinguisme, contacts de langues, interlecte,
  • les productions réunionnaises dans l’espace public
  • variations linguistiques et normes scolaires,
  • acquisition langagière en milieu plurilingue
  • didactique et pédagogie du FLE, du FLS et des langues proches
  • didactique contrastive, articulation de L1 et français L2, approches convergentes,
  • l’évaluation et la certification linguistiques,
  • conception d’outils pour la classe et de fiches pédagogiques (pour formateurs
  • d’enseignants et enseignants)
  • conception de référentiels d’évaluation en langues,
  • sociolinguistique urbaine.

 

Participations à des programmes de recherche et projets collectifs

– 2000 – 2004 : participation au projet DIFECOL dirigé par Sylvie Wharton, Maître de conférences en Sciences du langage, à l’IUFM de La Réunion. L’objectif est  la réalisation de fiches pédagogiques traitant des phénomènes de contact de langues. Le public visé est les enseignants du premier degré qui sont invités à faire une place à la langue et à la culture créoles.

2004 – 2006 : participation au programme de recherche ACI (Action Concertée Incitative), intitulé « Espaces et territoires », dirigé par Jean-Pierre Chevrot, Professeur en Sciences du langage à l’Université Stendhal de Grenoble 3.

Le but du projet est de répondre à la problématique suivante : Comment la relation entre certains lieux et certaines langues ou variétés d’une même langue se construit-elle lors de la formation des usages langagiers ? Trois terrains sont concernés par ce projet : Grenoble (région caractérisée par la légitimité du français, dans l’espace public et privé mais également par des variétés moins légitimes de français ainsi que des langues issues de l’immigration et des parlers mixtes mêlant le français à ces langues), La Vénétie (caractérisée par la présence de l’italien et d’un dialecte vivace et valorisé et dont les usages se répartissent sur un continuum qui va d’un italien dialectalisé à un dialecte italianisé) et La Réunion (présence d’un macro-système qui comprend des formes intermédiaires imprévisibles, parfois difficilement codifiables).

2006 – 2010 : participation au programme de recherche dans le cadre de l’ANR, intitulé « Diverlang » ou encore « Construction des connaissances langagières, diversité des usages, contextes sociolinguistiques », dirigé par Jean-Pierre Chevrot, Professeur en Sciences du langage à l’Université Stendhal de Grenoble 3.

Le but du projet est d’œuvrer pour la rencontre entre la sociolinguistique et la psycholinguistique en fédérant des équipes françaises et britanniques qui étudient l’apprentissage des variétés sociales des langues dans leur contexte d’usage. La perspective générale est d’introduire la variété des usages linguistiques dans la conception de l’environnement langagier enfantin. On se demande alors comment s’effectue l’apprentissage des variétés linguistiques socialement situées et comment s’établit la capacité à les utiliser en fonction du contexte social.

Trois questions seront abordées à travers les démarches empiriques : Comment (âge, ordre) s’établissent les régularités sociolinguistiques dans le cours du développement ?  Quel est le moteur du développement : mise en œuvre de normes ou apprentissage implicite de régularités ?  Quelle relation s’établit entre l’environnement langagier et l’acquisition des variétés linguistiques ?

Depuis 2007 : Membre du comité de pilotage du projet de création d’un dispositif de formation en ligne des enseignants réunionnais dans le domaine de la maîtrise de la langue française par les élèves.

L’Académie, la Région, le Département, l’association des maires de la Réunion, le CRDP et l’université Paris 5, René Descartes, se sont associés pour travailler ensemble à la conception et à la mise en place d’un dispositif de formation à distance destiné aux professeurs des écoles, aux professeurs de collège, de lycée et de lycée professionnel dans le domaine de l’apprentissage de la lecture. La direction scientifique du projet est assurée par le professeur Alain Bentolila, professeur de linguistique à l’université Paris 5.

Depuis 2010 : participation au projet OLLOI (Observation des langues de l’Océan Indien) dirigé par Arnaud Carporan. L’objectif est de compléter les photographies faites de la coexistence des langues dans la région Océan Indien et plus particulièrement de rendre compte des pratiques et des représentations.

Depuis octobre 2010 : Membre du comité scientifique de la JISU (les Journées Internationales de Sociolinguistique Urbaine) qui poursuivent depuis 1999 l’ambition théorique et méthodologique de couvrir le champ urbain sous le double rapport de l’espace et des langues. Elles tentent la volonté de confronter des points de vue scientifiques sur des thèmes et des concepts relevant de l’urbanité, de l’urbanisation linguistique et plus largement de tout fait sociolinguistique induit du modèle culturel urbain.

Depuis 2010 : responsable scientifique du groupe académique « évaluation » dirigé par Martine Coqueret (IEN de Saint-Benoît). 

Depuis septembre 2011 : Membre du comité scientifique du GIS PLC.

Novembre 2012 : Rapporteur de l’atelier « Multilinguisme, éveil à la diversité et intercompréhension » aux États Généraux dans les Outremers (Cayenne)

 

1. Ouvrages

[1] Adelin, E, Eyquem, M, 2010, Adaptation de la didactique du français aux situations de créolophonie. Guide du maître – La Réunion, cycle 2 (CP-CE1), OIF, Direction de l’Education et de la Formation, Programme d’apprentissage du français en contexte multilingue, 150 p.

[2] Feussy V, Eyquem, M. Moussirou-Mouyama, A, Blanchet, P, (dir), 2010, Hétérogénéité sociolinguistique et didactique du français. Pratiques linguistiques des jeunes en terrains plurilingues, CLD éditions, Paris, 242 p.

[3] Eyquem M, Bulot T, Ledegen G (dirs), 2012, Ségrégations, normes et discrimination(s). Sociolinguistique urbaine et migrance, « Proximités – Science du Langage », EME et InterCommunications, Bruxelles.

2. Contributions à des ouvrages

[4] Eyquem, M., 2008, « La dodo lé la. Stylistique du « mélange » à La Réunion : à la recherche de l’efficacité pragmatique endogène ». In Bavoux Claudine, Prudent Lambert Félix et Wharton Sylvie (dirs), Normes endogènes et plurilinguisme ENS, Lyon pp. 153-175.

[5] Eyquem, M., 2009, « Ségrégation spatio-linguistique et émergence des identités urbaines dans une ville de l’EST de La Réunion » in Bulot Thierry (Dir.) avec la collaboration d’Assia Lounici, 2009, Formes & normes sociolinguistiques (Ségrégations et discriminations urbaines), L’Harmattan, Paris, pp. 159-180.

[6] Eyquem, M, 2010, « Analyse d’interventions pédagogiques en situation de contacts de langues : comment les enseignants traitent-ils les énoncés « mélangés » à La Réunion ? » in Feussy V, Eyquem, M. Moussirou-Mouyama, A, Blanchet, P, (dir), 2010, Hétérogénéité sociolinguistique et didactique du français. ratiques linguistiques des jeunes en terrains plurilingues, CLD éditions, Paris, pp. 61-89.

[7]  Eyquem, M, 2010, « Productions interlectales réunionnaises dans la dynamique créole-français » in Blanchet, P, Martinez, P, « Pratiques Innovantes du Plurilinguisme »Emergence et prise en compte en situations francophones, AUF, Archives contemporaines, Paris.

[8] Eyquem, 2010, M, « La situation du français dans les îles et archipels du sud Ouest de l’Océan Indien » in La langue française dans le monde 2010, OIF, Nathan, Paris, pp. 77-82.

[9] Eyquem, M, 2011, « Evolution de l’identité urbaine dans un quartier d’une ville de l’Est
de La Réunion » in Bastian Sabine, Bulot Thierry et Burr Elisabeth (Eds), Sociolinguistique urbaine. Identité et mise en mots, Martin Meidenbauer, München, pp. 93-110.

[10] Eyquem, M, Robert, C, 2012, « La « grande difficulté scolaire » comme stigmate sociolinguistique » in Eyquem M, Bulot T, Ledegen G (dirs), 2012, Ségrégations, normes et discrimination(s). Sociolinguistique urbaine et migrance, « Proximités – Science du Langage », EME et InterCommunications, Bruxelles, pp. 95-126.

3. Articles dans des revues

[11]  Eyquem, M., 2008, « L’organisation de  l’espace urbain réunionnais par l’évaluation sociale des pratiques langagières » in BULOT, T. (dir) et de LABRIDY Lorène, Cahiers de linguistique. Revue de sociolinguistique et de sociologie de la langue française. Sociolinguistique urbaine des zones créolophones. E.M.E, pp. 33-50.

[12] Eyquem, M, 2009, « Attitudes langagières et positionnement identitaire dans une ville de l’Est de La Réunion » in Bulot, Thierry, Normes identitaires et urbanisation, cahiers de sociolinguistique (n°13), Université de Rennes, Rennes, pp. 133-146.

[13] Eyquem, M., Adelin, E, 2009, « L’enseignement du créole à la Réunion, entre coup d’éclat et réalité » in Tréma n°31, L’enseignement des langues régionales en France aujourd’hui : état des lieux et perspectives, CEDRHE (centre d’études de documentation et de recherche en histoire de l’éducation), Montpellier, pp121-132.

4. Articles dans des actes de colloque

[14] Eyquem, M, 2007, « La construction de l’espace urbain réunionnais par la représentation sociolinguistique : quatre quartiers de Saint-André de La Réunion ». In Loucini Assia et Bulot Thierry (dirs), Ségrégation spatio-linguistique. Dynamiques socio-langagières et habitat dit populaire (pp. 233-260). ATFALONA/DKA, Alger, pp. 233-260

[15]  Eyquem, M, 2010, « Evolution et impact de l’école et de l’environnement social sur les usages de 4 enfants de 3 ans en milieu créole » in Actes du colloque CMLF 2010 (en ligne : http://dx.doi.org/10.1051/cmlf/2010224).